Impact et objectifs de la mesure
L’introduction de l’enregistrement obligatoire du temps de travail représente un changement majeur
pour de nombreuses entreprises belges. En l’absence d’une obligation générale jusqu’à présent, beaucoup
d’organisations ne disposent encore d’aucun système. D’ici 2027, toutes les entreprises devront adapter leurs
politiques internes et mettre en place un mécanisme de pointage ou de contrôle horaire.
Pour certaines organisations, cela pourrait entraîner une charge administrative supplémentaire et potentiellement
une réduction de la flexibilité dans la gestion des horaires. La Belgique dispose déjà d’une
réglementation stricte en matière de temps de travail et d’heures supplémentaires,
ce qui pourrait limiter davantage encore la marge de manœuvre des employeurs et des employés. L’absence de système
peut également comporter des risques juridiques : un jugement belge a rappelé que sans registre,
la charge de la preuve repose sur l’employeur pour démontrer qu’aucune heure supplémentaire n’a été
effectuée — une tâche pratiquement impossible sans enregistrement objectif.
À l’inverse, les objectifs de la réforme visent des améliorations en termes de droits sociaux et de
bien-être au travail. La mesure cherche à garantir que les travailleurs ne prestent pas
d’heures supplémentaires non rémunérées et à favoriser une meilleure conciliation vie professionnelle –
vie privée. Il s’agit du résultat de longues discussions entre le gouvernement, les syndicats et les
organisations patronales, dans une logique de transparence et d’équité, tout en luttant contre les abus et
la surcharge de travail. Beaucoup considèrent cette évolution comme positive pour la protection des travailleurs
et pour la réduction d’une culture excessive d’heures supplémentaires.
Parallèlement, certaines entreprises expriment des inquiétudes quant à l’impact opérationnel : elles craignent
davantage de formalités administratives et moins de flexibilité dans l’organisation des horaires. Ces deux
perspectives ont largement alimenté le débat public. Quoi qu’il en soit, une fois la réglementation entrée en
vigueur, toutes les entreprises devront s’y conformer.
Le respect de la loi sera essentiel. Comme pour Checkinatwork ou CIAO, la législation devrait être
accompagnée d’un régime d’inspections et de sanctions afin d’assurer son efficacité. Les autorités belges ont déjà
précisé, notamment dans le secteur du nettoyage, que les entreprises qui ne mettent pas en place l’enregistrement
digital obligatoire s’exposent à des sanctions financières. Un système fiable permet non seulement
d’éviter ces sanctions, mais fournit également une preuve conforme en cas d’audit ou de litige social.
En résumé, même si sa mise en œuvre représente un effort, l’enregistrement du temps de travail deviendra un élément
aussi essentiel que la paie ou les cotisations sociales dans la gestion quotidienne
des entreprises en Belgique.